+352 621 812 125

INTERVIEW: TAGUIA KANA Borel Lead Project, TAGUS DRONE

 INTERVIEW: TAGUIA KANA Borel Lead Project, TAGUS DRONE

Il ne se passe plus un jour sans qu’on ne parle d’innovation en Afrique. Le potentiel des jeunes est énorme, il revient aussi à l’état et aux investisseurs d’encadrer et de permettre aux jeunes ambitieux de tutoyer les meilleurs. Le drone fait partie des innovations les plus révolutionnaires en ce moment en Afrique, et nos inventeurs ne manquent pas de créativité pour personnaliser leurs recherches. Après Airbus, Boieng, le Singapour, pour ne citer que ceux-ci, Borel Taguia jeune ingénieur camerounais fait les choux gras de la presse locale avec son drone solaire. Il a accepté de nous parler de son projet, son parcours et ses ambitions.

Qui est Borel Taguia ?

Je m’appelle TAGUIA KANA Borel, j’ai 25 ans, je suis née à Mbouda en 1994. J’y ai fais mes études pri­maires et secondaires, et j’ai obtenu un baccalauréat C avec mention assez bien au lycée bilingue de Mbouda.

Par la suite j’ai été ad­mis à l’Ecole Nationale Su­périeure Polytechnique de Maroua (ENSPM). Au bout de cinq années, j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur de conception avec la mention très bien, en sortant major de ma promotion.

Pourquoi le drone et non un autre appareil électronique ? (est- ce une passion ? un rêve, une inspiration, etc)

La filière Energies renou­velables, plus précisément Energie solaire est une pas­sion, mais le projet de drone née d’une envie croissante de trouver des solutions face à la problématique d’ordre sécuritaire à laquelle faisait face l’extrême Nord du Ca­meroun.

Ayant fait mes études supérieures à Maroua si­tué dans l’Extrême nord du Cameroun, et voyant sans cesse de nombreuses fa­milles obligées de quitter le chez eux pour se déplacer vers d’autres lieux parce que, fuyant la guerre, je me suis dis qu’il fallait faire quelque chose. Parce qu’il y’a rien de plus horrible que la guerre, et rien de plus important qu’une vie humaine. C’est donc ainsi que j’ai commencé à travail­ler sur cet engin miniature qui pourrait voler, prendre des images visualisables en temps réel, permettant ainsi de mieux surveiller les fron­tières Camerounaises. En d’autres termes, doter le Cameroun d’yeux dans le ciel.

Plus tard je me suis ren­du compte qu’il y’avait des problématiques tout aussi importantes que la surveil­lance, sur tout le continent Africain, et auxquelles les drones seraient une solution. Aujourd’hui, ils sont présent partout : l’Agriculture, la té­lécommunication, la santé, la cinématographie, le BTP, l’art et la culture, etc… ­

Avez-vous reçu un enca­drement de vos professeurs, votre université, vos cama­rades dans votre projet ? com­ment avez-vous procédé pour mettre en place ce produit ?

Oui beaucoup de mes amis, m’ont aidé tant sur le plan technique que moral. Parce que mener un tel pro­jet jusqu’au bout, croyez-moi, il faut un mental de ré­sistant et être imaginatif.

Albert Einstein disait qu’‟avec la logique, on peut aller d’un point A à un point B, mais avec l’imagination on peut aller partoutˮ, parce que dans ce monde en constante évolution, et changement pour se maintenir ou se for­ger une place, il faut de l’ima­gination.

J’ai particulièrement reçu l’encadrement du Pr. DJONGYANG NOEL chef de département des Energies Renouvelables de l’Ecole Na­tionale Supérieure Polytech­nique de Maroua, dans le cadre de mes travaux menés sur la conception, le dimen­sionnement et la réalisation de ce drone solaire.

Résultat de recherche d'images pour "tagus drone"

Qu’est ce qui fait la particu­larité de votre drone ?

Les drones civils existant ont un temps de vol très relativement faible, variant généralement entre 30 à 45 min, limitant ainsi leur champ d’application dans bon nombre de domaines. Le mo­dèle conçut va pallier à cet inconvénient, en proposant un drone solaire, qui en cours de vol, recharge ses batteries à partir de l’énergie du soleil, permettant ainsi d’atteindre l’heure en autonomie. Outre le temps d’autonomie, Notre quadricopter a un poids de 500g, une caméra embar­quée de 760 p en HD, une altitude maximale de 150 m, et la portée du signal entre la radiocommande et le drone estimée à 1 km.

Nous comptons aller en­core plus loin, en dévelop­pant d’autres modèles de drones dont l’autonomie pourrait aller jusqu’à 6 à 10h de temps de vol : projet TA­GUS DRONE.

Ne pensez-vous pas qu’il y’a déjà trop de drones au Came­roun ou en Afrique ?

Justement, il y‘en a pra­tiquement pas. C’est ça le paradoxe. D’un coté il y’a un réel besoin, et d’un autre coté on ne retrouve prati­quement pas d’entreprise de fabrication de drones sur le continent. Résultat des courses, nous Africains sommes obligés d’importer des autres pays, et à des coûts bien plus élevés du fait des frais de transport et de douane qui se rajoutent au prix d’achat.

Le marché de drone est en pleine expansion. C’est non seulement un potentiel éco­nomique énorme, mais aussi une possibilité pour les Etats de sécuriser leurs frontières, d’envoyer des médicaments, vaccin, et autres dans des zones à accessibilité difficile, de faire des prises de vues aériennes dans le domaine de l’audiovisuel, du bâti­ment, de l’agriculture, de la télécommunication, etc…

Selon le rapport de la firme américaine Grand View Research Inc, le marché de drone devrait atteindre plus de 84 milliards $US, soit plus de 48768 720 000 000 FCFA d’ici 2025.

C’est dire ici que le mar­ché de drone est extrême­ment grand dans un conti­nent en pleine croissance tel que l’Afrique.

Résultat de recherche d'images pour "tagus drone"

Vous parlez de drone made in Cameroon, y’a t-il des composants de ce drone qui viennent du Cameroun, ou vous parlez de l’expertise ca­merounaise ?

Pour le prototype fabri­qué en 2017, 80% des com­posants avaient été conçus au Cameroun, car seul la coque avait été imprimée à l’étranger. Maintenant avec le projet TAGUS DRONE, l’idée c’est de mettre tout une chaine de production au Cameroun, où tous les com­posants y seront fabriqués (coque, circuit électronique de commande, contrôleur de vol, moteur, ESC, etc …) , et ce par des Camerounais.

Quels sont vos objectifs à court, moyen et long terme ?

L’objectif de TAGUS DRONE à court terme, c’est d’implanter l’usine de fabri­cation de drones solaires au Cameroun et d’envahir le marché Camerounais. A moyen terme, de conqué­rir le marché Africain, et à long terme faire connaitre au monde les drones solaires de chez TAGUS DRONE.

Des investisseurs poten­tiels se sont ils déjà rappro­chés de vous ? sinon comment pensez-vous procéder pour la suite ?

Depuis le 21 Mai 2019, nous avons lancé au travers de la plateforme https://tagusdrone.com/ un finan­cement participatif où il est possible à tout investisseur de par le monde de pouvoir investir dans l’entreprise, et ce sur une période de 2 ans. Ce crownfounding fonc­tionne très bien, car ils sont nombreux les investisseurs qui s’intéressent à ce projet innovateur. En un peu plus d’un mois de lancement, plus précisément le 1er Juillet 2019, nous comptons plus de 1081 potentiels inves­tisseurs reparti sur plus de 26 pays, et qui sont inscrits sur la plateforme de TAGUS DRONE.

Il faut rappeler ici, que ce financement participatif vise à lever plus de 500 Millions de francs CFA. Et c’est grâce à ce financement que nous comptons attaquer le marché Africain avec nos modèles que sont : le SR21, Infinity, AKEVAcare, TAGUSsnap.

Résultat de recherche d'images pour "tagus drone"

Avez-vous reçu du soutien de certains organismes gou­vernementaux pour amélio­rer ou produire en masse les drones ?

De l’aide d’un organisme gouvernemental, non je ne dirais pas. Par contre, nous avons reçu de l’aide d’une grande dame, qui nous a pris sous son aile, et qui croit vé­ritablement en la jeunesse, j’ai nommé le Pr ONDOUA VIVIANE BIWOLE, CEO du cabinet Obiv solutions, En­seignant-chercheure à l’uni­versité de Yaoundé 2 ; à qui nous rendons un grand hom­mage.

Vous faites partie des ga­gnants « graines d’ingénierie » organisé par l’association ingé­nieurs sans frontières, qu’est- ce que ce prix vous a apporté ?

Lors de la deuxième édi­tion de graine de l’ingénierie, notre projet drone solaire avait été sélectionné parmi les trois meilleurs projets au Cameroun. Cette place oc­cupée à ce concours a donné plus de notoriété au projet, et l’a rendu plus populaire au sein de la communauté Camerounaise et internatio­nale. Aussi, les fonds récoltés grâce à cette troisième place sur le podium du concours, nous ont permis de pouvoir régler un certains nombres de charges liées au projet.

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ? (d’autres projets en vue, entreprendre ? pour­suivre les études ?)

Tant de choses reste encore à faire en Afrique, voyez-vous, nous avons au fil des années constitué et transmis cette mentalité de consommateurs. Comment voulons-nous nous déve­lopper, comment voulons nous régler le problème de chômage, si nous pas­sons le temps à consommer les produits de l’extérieur. Il faudrait que les choses changent, et mon rêve c’est de faire partir des précur­seurs de ce changement sur le plan technologique, et d’y laisser une marque. Et plus important, inspirer les nou­velles générations, leur mon­trer que l’on peut accomplir de grande choses et se his­ser au sommet par la force du nombre, afin que eux aus­si reprennent le flambeau le moment venu.

Je ne compte pas m’ar­rêter à ce projet de TAGUS DRONE. D’autres projets aussi ambitieux planent dans ma tête.

Quant à mes études, je les poursuis actuellement en re­cherche à la filière Génie élec­trique de l’unité de recherche et de formation doctorale en science de l’ingénieur et ap­plications à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSP).

Un mot de fin ?

Les géants ne sont grands que parce que nous restons à genoux. Il est temps que l’Afrique prenne son destin en main pour que tous en­sembles puissions réaliser le rêve Africain. Et ceci ne pas­sera que par une chose, Tra­vailler et penser grand pour notre Continent, tellement grand que même le monde ne soit qu’une infime entité comparée à la grandeur de nos rêves pour l’Afrique.

Merci d’avoir accepté de répondre aux questions d’ATIS magazine !

C’est moi qui vous remer­cie!

Lionel Tchuente

Rédacteur en chef

AtisMagazine

0 Reviews

Write a Review

Related post

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *